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“Et mon droit au travail ?” NR 19/10/2011

Un non-gréviste de la Fonderie du Poitou Alu nous livre ses commentaires sur le mouvement social en cours et revendique son droit au travail. Point de vue.

Les grévistes ont salué d'une bronca l'arrivée des bus de non-grévistes sur le site de l'usine d'Ingrandes, la semaine dernière. - (dr)

Les grévistes ont salué d'une bronca l'arrivée des bus de non-grévistes sur le site de l'usine d'Ingrandes, la semaine dernière. - (dr)

Ouvrier aux Fonderies du Poitou depuis une quinzaine d’années, je tiens à m’exprimer sur la grève et ses récents rebonds.
Je tiens à préciser, tout d’abord, que je suis contre le plan de compétitivité tel que présenté par la direction et que j’ai débrayé les premiers jours du mouvement. J’ai depuis repris le chemin du travail ou, tout du moins, essayé de le reprendre. Pourquoi ? D’abord, parce que je me dois de nourrir ma famille et, ensuite, car je suis en désaccord profond avec les volontés des grévistes.

Comment peut-on espérer la liquidation de l’entreprise ?

Car pour moi et pour beaucoup de salariés non-grévistes, il est clair que le mouvement actuel vise, aujourd’hui, à mettre l’entreprise en difficulté financière, avec le risque de voir celle-ci fermer définitivement. L’intersyndicale souhaite, de façon sans doute utopiste, que Renault se réengage dans la société pour la sauver. Comment peut-on espérer la liquidation d’une entreprise ? Est-ce le rôle de l’intersyndicale ?
J’ai donc fait partie de ces non-grévistes qui, chaque jour depuis une semaine et demie, pointent sur divers parkings en espérant reprendre leur activité et avec, comme dernier espoir, de remettre en état leur outil de travail, en attendant des jours meilleurs. Mais, même ceci, on nous le refuse. Lors des deux derniers jours où nous avons enfin pu accéder au site – soi-disant sous la protection de la gendarmerie – ce n’était qu’insultes et menaces à l’arrivée de notre bus.
Les syndicats ont continué de nous mettre la pression dans l’enceinte de l’usine sous le prétexte « que nous déménagions la matière première », alors que nous nettoyions leur saccage et tentions de redémarrer l’activité. Ce matin [NDLR : vendredi], 150 personnes sont venues saccager nos efforts et menacer physiquement certains de nos collègues qui tenaient une permanence pour vérifier le bon état des installations. Si j’admets le droit à la grève, je revendique aussi mon droit au travail et je clame, ici, que celui-ci n’est pas respecté. ”

mdcfan@gmail.com

Lien Permanent pour cet article : /2011/10/et-mon-droit-au-travail-nr-19102011/

1 Commentaire

  1. Bourgeois

    Je vous félicite pour votre courage et votre implication.

    Je travaille dans une pme qui est sous-traitante de la FDPA et je comprends votre angoisse par rapport au redressement judiciaire et au risque de voir l’entreprise fermée.

    Comme on dit, on sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on gagne.

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