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Les patrons ne cautionnent pas NR 11/10/2011

Xavier Dumas de l'Union des industriels de la métallurgie, et Didier Georget, président du Medef, sortent de leur réserve habituelle, pointent du doigt un plan irréaliste. - (dr)

Xavier Dumas de l'Union des industriels de la métallurgie, et Didier Georget, président du Medef, sortent de leur réserve habituelle, pointent du doigt un plan irréaliste. - (dr)

Il est un peu gêné Didier Georget. Le patron du Medef de la Vienne a l’habitude de commenter des enquêtes économiques. Moins des conflits sociaux. Pourtant, hier, c’est de la Fonderie Alu dont il voulait parler. « Ce conflit préoccupe beaucoup les chefs d’entreprise » confie-t-il. « La Fonderie fonte en proche voisine, les fournisseurs et sous-traitants sont fragilisés après six semaines de grève. Déjà qu’ils doivent gérer la crise depuis 2008 »
Une dizaine d’entreprises seraient très impactées. Bien plus en souffriraient. Mais ce n’est pas tout. « Nous sortons de notre réserve historique », renchérit Xavier Dumas, administrateur de l’union des métallurgistes de la Vienne (UIMM). « Le problème de compétitivité mondiale est indéniable. Mais le compromis social est aussi un outil de compétitivité », assène le chef d’entreprise avant de se lâcher plus franchement. « On ne peut pas aujourd’hui proposer des baisses massives de salaire. Être un acteur industriel, c’est créer du progrès, et une baisse de salaire n’est pas un élément de progrès. »

” Montupet a oublié le dialogue social ”

Didier Georget den rajouter : « Quand on propose un plan de compétitivité, il faut qu’il soit partagé, expliqué aux salariés. Qu’on leur dise pourquoi on leur demande de se serrer la ceinture et en quoi cet effort s’inscrit dans une stratégie d’entreprise. Il semble que cette étape-là ait été oubliée par Montupet. »
La direction de la Fonderie Alu l’aurait d’ailleurs reconnu, insiste Xavier Dumas. « Nous avons donné des pistes de solution à Montupet, pour sortir de cette crise. Nous regrettons qu’elles n’aient pas été suivies. Nous allons recommencer. »

” L’effort demandé aux salariés n’est pas tenable ”

Didier Georget paraît choqué qu’un patron ait pu faire pareille proposition à ses salariés. « On peut demander aux salariés des efforts ponctuels liés à une conjoncture particulière. Encore faut-il qu’ils soient gérables. Se priver de 23 % de son pouvoir d’achat, je ne pense pas que ce soit gérable. L’effort demandé n’est pas tenable. »

D.N.

1 commentaire

  1. 21janvier1793 a dit :

    En gros, pas contre une réduction ponctuelle des salaires, ou même une réduction tendancielle, mais progressive, qui passe toute seule. Et surtout qu’ils arrêtent leurs conneries, c’est mauvais pour les affaires.

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