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Réponse à la journaliste de France 3, 27-10-11

Démocratie réelle Assemblée populaire tous les vendredis à 19h 025

Démocratie réelle Assemblée populaire tous les vendredis à 19h 025

Réponse des Indignés-révoltés-enragés-insurgés-insoumis de Poitiers aux manœuvres de la presse.

Nous venons de voir le prêtre de Saint Porchaire dans le midi pile de France 3 Poitou Charentes du 24 octobre et nous comprenons le désarroi et la mauvaise conscience que vous avez exprimés dans la réponse que vous nous avez faite et qui est datée du 23 octobre. Dans un courrier que nous vous avions envoyé le 22 octobre au matin, nous constations que vos propos lors du journal télévisé 19-20 de France 3 Poitou-Charentes du 15 octobre, soutenus par un montage manipulateur mais contredits par vos images, sous estimait franchement le nombre des participants à notre rassemblement du 15 octobre. De même dans cette interview du prêtre, le montage est extrêmement manipulateur. Lorsqu’il parle des « indignés » de Poitiers, les images montrent des manifestants au milieu de fumigènes et de feux, qui défient les forces de l’ordre, avec le prêtre qui dit, sans bien sûr se l’appliquer à lui-même, que l’indignation ne doit pas être récupérée politiquement, parle du poing dressé du mouvement « occupy » qui a débuté le 17 septembre à Wall Street, comme symbole de « l’anarchie », dit qu’il est « contre l’anarchie », qu’il confond bien sûr comme tout bon politicien avec le désordre.

Nous ne pensons pas bien-sûr que vous le faites exprès, que vous-même vous l’avez fait exprès. Peut être seulement votre caméraman n’a-t-il pas été aussi professionnel que vous le dîtes et vous a-t-il transmis des chiffres erronés qui ne correspondaient pas aux images qu’il vous a lui-même fournies ? Mais le résultat est là : vous annoncez « une vingtaine de personnes » alors que vos images vous contredisent en montrant au moins 30 personnes et ce sur les ¾ de l’assistance.

Et, ce n’est pas le seul cas de minimisation des chiffres que nous avons constaté sur France 3 Poitou Charentes. Pas plus tard que mardi 18 octobre, lors du reportage du 19-20 concernant le rassemblement de soutien à Hawa Diallo, où il y avait selon plusieurs sources concordantes, plus d’une centaine de personnes, la journaliste a annoncé une participation de « quelques dizaines de personnes ». Ce n’est pas, à proprement parler, faux mais c’est là encore minimiser la participation. Car, vous êtes bien d’accord que dire une centaine est beaucoup plus fort que dire « quelques dizaines » comme dire une quarantaine voire une soixantaine est plus fort que dire une « vingtaine ». La différence bien sûr avec le reportage sur le rassemblement de soutien à Hawa Diallo, nous le rappelons, c’est que, pour ce qui est de notre rassemblement du 15 octobre, certaines de vos images contredisent vos propos alors que le montage le confirme.

Et vous recommencez encore dans votre courrier du 23 à minimiser en écrivant « Le mouvement des indignés est mondial, ce jour-là, il a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à New-York, à Londres, à Francfort… plusieurs milliers en Belgique ». Pourquoi détailler en paquets de « plusieurs milliers » ? Pourquoi ne pas parler carrément des millions de personnes qui se sont mobilisées ce jour -là ? Pourquoi même ne pas parler des centaines de milliers  de manifestants de Madrid, Barcelone, Rome ? Nous comprenons bien que c’est parce que vous pensiez et vous continuez de penser qu’il y a eu une « faible participation à Poitiers ». Mais cette participation est-elle vraiment aussi « faible » que vous le pensez et est-elle même vraiment la question essentielle ?

Faible et fort sont des rapports. Vous écrivez « je crois surtout qu’il ne faut pas comparer entre vingt / trente ou soixante… Le mouvement des indignés est mondial, ce jour-là, il a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à New-York, à Londres, à Francfort… plusieurs milliers en Belgique. Même si à Poitiers nous sommes dans une ville de province, vous ne pouvez nier que l’on puisse parler de faible mobilisation lorsque l’on se situe en-dessous de 100 personnes ». Ce à quoi nous répondons : mais si, mais si, comparons ! Par exemple avec Francfort que vous citez, il n’y a pas eu « plusieurs dizaines de milliers » de personnes mais 6000 selon les organisateurs et 5000 selon la police. Ce qui fait, si on ramène cette participation à l’échelle de Poitiers soit pour 80 000 habitants – Francfort comportant 2 500 000 habitants-, 192 manifestants si on prend le chiffre des organisateurs et 160 si on prend celui de la police. Somme toute, il n’y a pas une grande différence avec la participation de Poitiers, surtout si on tient compte du fait que dans cette dernière ville, il n’y a pas la BCE.

Nous pourrions aussi comparer avec la mobilisation de Montréal : 300 pour 1 692 080 habitants soit 14 pour 80 000. Sans parler de Tokyo : 200 manifestants pour 30 millions d’habitants ce qui fait, ramené à Poitiers : 0,5 manifestant !

Un autre exemple, d’après Le Figaro du 19 septembre, il y avait « un peu plus d’un millier » d’indignés à New York le 17 septembre. Soit si nous rapportons à Poitiers, New York étant une ville de 8 000 000 d’habitants, 10 pour 80 000. Comparons donc au début du mouvement sur Poitiers. Lors de l’Assemblée populaire constitutive du 28 mai, il y avait plus de 80 personnes, à celle du 30 mai, plus de 120 personnes. Drôle de traitement médiatique, vous ne trouvez pas ?, qui fait que les indignés de New York qui sont, toutes proportions gardées, 10 fois moins nombreux que ceux de Poitiers ont un article dans Le Figaro deux jours après leur rassemblement et que ceux de Poitiers n’ont même pas un article dans 7 à Poitiers ! Faut dire là encore que Wall Street n’est pas à Poitiers !

Non, parler de la seule mobilisation et de sa supposée faiblesse est pour nous un contre feu. Les supposés faibles chiffres de la participation à la manifestation des Indignés-révoltés-enragés-insurgés-insoumis de Poitiers n’ont de sens que si on les met en relation avec le curé de Sainte Porchaire, les images de désordre, la référence à l’anarchie, qui sont agités comme un épouvantail. Au fond quel discours idéologique est véhiculé par France 3 ? Ne serait-ce pas par hasard : les Indignés de Poitiers ne sont pas nombreux parce qu’ils se trompent en faisant de la politique, ils sont récupérés par les anarchistes et sombrent dans la violence et le désordre, n’allez pas les voir et indignez-vous tout seul dans votre coin ou avec nous la catholiques ?

Allez, où était-il notre bon curé qui est si prompt à dénoncer la violence, où étaient-ils nos journalistes si prompts à passer des images de désordre lorsqu’on parle des indignés, lors des 7 descentes et des 4 évacuations de notre campement par la police natio-municipale ? Où étaient-ils lors de la confiscation (pour enquête !) de tout notre matériel y compris la nourriture et nos panneaux où étaient inscrits nos slogans politiques ? Où était-il notre bon curé, si prompt à se déclarer indigné parce que des vaches s’empoisonnent au PCB, lors des manifestations antinucléaires, lors des luttes sociales des grévistes de la fonderie alu ou du Printemps, de celles des sans papiers, des militants ciblés par la police ? N’était-il pas, comme toujours en la matière et avec les journalistes, du bon côté du manche : avec la police, la justice, la préfecture, la municipalité, les patrons… ?

Ce n’est pas chez nous comme à l’église ou dans un parti politique : pas de porte-parole. Nous décidons par nous-mêmes pour nous-mêmes lors d’assemblées populaires et ne parlons pas à la place des autres mais pour nous-mêmes. Au début du mouvement nous avons longuement discuté de la question des revendications. Nous en sommes arrivés au consensus que sur Poitiers nous ne revendiquerons pas mais que nous agirons et prendrons. Car revendiquer c’est se placer en demandeur par rapport à un décideur. C’est se soumettre. Au fond, contrairement au bon curé qui se complaît dans la charité, nous ne sommes pas qu’indignés. Nous sommes insoumis, révoltés, enragés, insurgés…

Pour arriver à nos fins nous savions qu’il nous fallait construire un rapport de force en mobilisant, et nous savions bien que la presse, accoquinée avec le pouvoir politico-policier, ne nous y aiderait pas et ferait même tout pour faire échouer notre entreprise. Mais le résultat est là : 5 mois après le début du mouvement Démocratie réelle maintenant – Poitiers est toujours là. Nous avons fait des assemblées populaires journalières durant le 1er mois et hebdomadaires depuis 4 mois, y compris durant les vacances, tous les vendredis soirs à 19h place du marché, assemblées où il y a une participation variable (vendredi dernier une vingtaine de participants). Les compte rendus sont disponibles sur notre Blog que nous développons depuis le début, qui a actuellement une fréquentation journalière d’une cinquantaine de personnes et qui a reçu près de 5000 visites depuis le début. Nous avons aussi un groupe Facebook composé de 140 membres et une liste de discussion où nous sommes 65. A titre indicatif nous aimerions avoir les chiffres des participants aux messes de notre bon curé qui a les honneurs de 2 articles dans la NR-CP et d’une interview sur France 3. Outre nos deux gros projets logement et bricolage coopératif pour lesquels nous avons mis en place des commissions qui se réunissent chaque semaine, nous avons, entre autres, fait un campement de 9 jours. Nous avons soutenu les grévistes des centres d’appels, du Printemps, de la Fonderie alu (pour lesquels nous avons fait une caisse de solidarité qui a rapporté 1500€). Nous participons au soutien des sans papiers sous différentes formes. Nous avons participé aux manifestations et aux luttes du mouvement social, antinucléaire, de soutien aux militants ciblés. Nous avons fait plusieurs actions antipub. Nous avons chanté Hécatombe de Brassens devant le commissariat lors de la dernière fête de la musique (il y a eu une arrestation et nous étions une soixantaine lorsqu’on est revenu demander sa libération). Nous avons accueilli la marche des Indignés Madrid Bruxelles le 4 septembre dernier à laquelle 150 à 200 personnes ont participé et durant laquelle nous avons fait une assemblée populaire à plus de cent. Nous avons de nombreux contacts et participons, en particulier sur Facebook, à la coordination du mouvement mondial des indignés.

Et cerise sur le gâteau, la presse utilise des procédés grossiers pour minimiser notre nombre et pour dénigrer notre mouvement et ce quand elle daigne parler de nous. Il y aurait nous pensons, comme une accumulation. 2 ou 3 articles dans la presse écrite et un reportage sur France 3 sur un mois au début du mouvement. Puis plus rien, y compris lors de la répression policière, y compris lors de l’arrestation devant le commissariat le 21 juin alors que le directeur départemental de la Nouvelle République était présent en personne et qu’on sait à quel point la presse peut être friande de faits divers, il est vrai que ceux-là mettaient en cause la police. Dans l’article de la NR-CP sur l’étape de la marche le 4 septembre, pas un mot sur les Indignés de Poitiers qui avaient tout organisé, mais LA précision que la municipalité, la même qui avait envoyé ses policiers municipaux nous évacuer avec les policiers nationaux, était « venue les saluer » et qu’elle se serait « inquiétée de leurs besoins » en mettant un gymnase « à leur disposition pour qu’ils puissent se doucher », alors que c’est l’un d’entre nous qui a insisté auprès des élus pour que les marcheurs aient des sanitaires décents. La NR-CP ne prononce même pas notre nom, alors que les grévistes de la fonderie alu l’on fait lors de leur conférence de presse, la presse « préférant » parler d’« associations ». Et enfin le 15 octobre, le journaliste de la NR-CP arrive pile à l’heure, prend une photo sur laquelle nous sommes quatre, en nous disant que pour lui, plus tard, nous ne serons pas plus nombreux, reste 5 minutes sur un rassemblement programmé pour 3 heures et s’en va et le caméraman de France 3 qui est resté 10 mn, sous évalue de moitié les participants, erreur qu’il n’aurait pas faite s’il avait visionné ses propres images. Et le bidonnage ne s’arrête pas là. Dès le lundi suivant, la presse va nous sortir de derrière les fagots le « curé indigné » contre les indignés de Poitiers avec montage tendancieux, approximations, contre-vérités…

Quoi qu’il en soit tout cela indique que le mouvement Démocratie réelle maintenant avance avec son rythme propre. Même si nous ne sommes pas aussi nombreux à Poitiers qu’à Madrid par exemple, l’important c’était de perdurer afin de s’inscrire dans ce mouvement mondial. Dorénavant c’est fait. Depuis le 15 octobre, il est évident pour tout le monde, y compris pour les journalistes, que nous faisons partie d’un réseau de 85 pays et de près d’un millier de villes. Les médias locaux qui nous ignoraient, voire nous snobaient, se trouvent placés dans une double contrainte qui dépasse leur cadre explicatif : comment appréhender (et contenir) un mouvement qui peut être petit localement mais grand globalement ? Comment nous appréhender nous qui sommes tout petits mais qui, participant à ce mouvement mondial, sommes grands ? C’est ce dont vous vous êtes aperçus pour le reportage sur la journée du 15 octobre. C’est pourquoi vous nous avez sous évalués. Ce qui ne changeait rien sur le fond : même si l’on avait été une vingtaine participer à ce mouvement mondial nous rendait grands. Et c’est pourquoi vous avez tenté une manœuvre désespéré de désinformation avec ce bon curé le 22. Après l’indifférence voilà le rejet violent et la relativisation.

* Démocratie réelle maintenant – Poitiers : www.democratiereelle86.fr – democratiereelle86@free.fr ;
* Groupe Facebook : Democracia real ya! Poitiers http://www.facebook.com/groups/228644177149786/

Real global democraty now!

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